Tobe Hooper's Night Terrors - 1993

Quand Tobe Hooper met en scène le Marquis de Sade, on n'a qu'une envie, c'est s'aventurer dans des territoires interdits, là où se mèlent la perversion des plus exquises et le plaisir au plus profond de la chair. Mais on le sait, tout ce qui a trait à la torture lubrique peut vite tourner au vinaigre. Car le ridicule, s'il ne tue pas, n'est jamais très loin.

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Night Terrors est l'histoire d'une vengeance se tramant sur deux époques. Nous faisons d'abord connaissance avec le sulfureux Marquis de Sade, joué par un Robert Englund allumé, qui prend visiblement du plaisir à incarner cette figure historique. Retenu prisonnier, l'oeil brûlé par l'acide après une séance de torture, il se fend de monologues haineux contre celle qu'il tient pour responsable de son enfermement : Madame de Beaumont.

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Des siècles plus tard, en Egypte, Genie, une jeune fille délurée rejoint son père archéologue (l'excellent William Finley, malheureusement sous-employé dans le film).

Genie, ressemblant comme deux gouttes d'eau au portrait de Madame de Beaumont, fait ensuite la rencontre de Sabina. Cette dernière va la dévoyer en lui faisant visiter les lieux les plus sordides des bas-fonds d'Alexandrie. Elle va surtout l'offrir en pâture à Mr. Paul Chevalier, toujours joué par Robert Englund, adepte et descendant du célèbre Marquis, bien décidé à venger son ancêtre...

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C'est Robert Englund, l'ami de longue date (avant d'incarner Freddy Kruegger, il avait joué dans le Crocodile de la Mort) qui suggéra le nom de Tobe Hooper au producteur pour sauver ce film au bord du désastre. En effet, le réalisateur prévu s'était désisté quelques semaines avant le début du tournage.

Voulant prouver qu'il n'était pas totalement mort pour la profession, Tobe Hooper accepta la proposition bon gré mal gré. 

On sent d'ailleurs que le réalisateur texan, parachuté, n'est pas du tout à l'aise avec ce projet moribond. Fumeux, le scénario ne tient que sur une succession d'amorces, de scènes disparates avec des liens très ténus entre elles. Point de terreurs et d'horreurs là-dedans, la perversion se limitera à des représentations désuettes ou des symboles lourds de sens comme ces serpents, tentateurs et vénéneux, lesquels sont passablement maltraités par des danseuses orientales. 

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Robert Englund se démène comme un beau diable, surjouant et flirtant parfois avec le ridicule. Tobe Hooper tente de sauver les meubles sur quelques scènes de délire, lorsque Genie est sous l'effet des drogues. L'ambiance arrive dans ces moments-là à être troublante.

Mais trop souvent, l'ennui l'emporte. Les beaux paysages d'Egypte, les citations enfiévrées du Marquis et l'érotisme de pacotille sur fond de synthé, très en vogue dans les années 90, ne peuvent pas tout faire, et en premier lieu masquer l'indigence de l'ensemble. Night Terrors est un ratage, preuve s'il en est de la méforme de Tobe Hooper lors de cette décennie maudite. Pas inintéressant si l'on souhaite sonder chaque centimètre carré d'une filmo barrée, des hauts comme les bas.