The Damned Thing - 2006

Il est usage de dégommer Tobe Hooper, responsable selon les uns du plus mauvais épisode de la première saison des Masters of Horror... Dance of the Dead. Responsable aussi d'un nanar à la Crocodile ou d'un Night Terrors lorgnant vers le Z... Tout plein de gamelles au point qu'on prend même plus la peine de fustiger l'oeuvre mais le bonhomme...

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Et de dégommer ce "mollasson" The Damned Thing, 1er épisode de la saison 2 des Masters of Horror, juste parce que de raison, c'est du Tobe Hooper. On estime dés le départ que ce sera mauvais. Et forcément à se convaincre que tout ça n'a pas beaucoup d'intérêt, ça n'en a pas beaucoup à l'arrivée. On pointera le défaut du plan, la tête de l'acteur qui ne nous revient pas ou encore le scénario qu'on jugera poussif parce de toute façon, il faut vite passer à autre chose.

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Et de départager suivant une ligne de démarcation les tâcherons qui ne méritent finalement peut-être pas les succès qu'ils ont eu ou les bons qui attention, deviendront des tâcherons dés qu'ils lèveront le pied. En gros, en très gros, c'est Stanley Kubrick ou crève...

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Or pour ma part, Tobe Hooper, un peu comme le réalisateur Stuart Gordon que j'adore, est un honnête faiseur, un artisan. C'est un intuitif qui a eu des gros coups de génie, des gros coups de barre et pas mal de bons coups (même dans les années 2000). En quoi cette absence de prétention fait de lui le mauvais qu'on prétend ? The Damned Thing est loin d'être excellent. Sa réalisation manque de peps mais je ne vois pas là la purge sans intérêt que certains critiques du web essayent de me vendre à la sauce "Quel mauvais ce Hooper !".

Après un début coup de poing (déjà, c'est pas mal pour commencer), on suit un flic qui a la hantise de répéter sur sa famille ce que son père a commis 25 ans plus tôt. Ce mal, cette force qui prend possession des gens pour qu'ils s'entretuent est là et inéluctablement se réveillera. L'ambiance rappelle les séries B estampillées Stephen King à la sauce Texane et l'histoire arrive sans peine à distiller un climat de peur et d'opression.

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Le crescendo est efficace avec des scènes où les gens pètent un à un les plombs : le type qui se martelle la tête, la femme du flic qui menace son jeune fils ou encore le prêtre incarné par Ted Raimi (le frérot de Sam !) qui absout le péché à coup de flingue... Et les gens qui s'entretuent à la fin dans un chaos bien orchestré (et tout en suggestion) par Hooper.

Chaos qui se traduit aussi par une ambiguité que je trouve assez bien trouvée, l'ambiguïté entre l'assaillant et celui qui se défend : le flic est-il déjà possédé ou défend-il sa famille ?

Sans forcément crier sur tous les toits que c'est la meilleure chose qu'ait fait Tobe Hooper, Les Forces Obscures est pour ma part un bon épisode de la série, que j'apprécie, réalisé en toute humilité, avec un soin particulier par un artisan du genre. Et vu les contraintes, c'est franchement pas mal : 10 jours de tournage, budget de série télé...