The Funhouse - 1981

Des marionettes, des fumées, des rires sardoniques, des automates qui surgissent d'un coin sombre, faisant sursauter au passage une jeune fille. Jeune fille qui aussitôt se rassure dans les bras de son petit copain... Mais cette nuit, ce n'est plus pour rire. Quatre jeunes vont découvrir à leur dépend ce qui se trament dans les coulisses du Train Fantôme...

funhouse

Le film débute par une mise en bouche en forme d'hommage à deux références : Halloween de Carpenter (pour la vue subjective du tueur) et Psychose de Hitchcock (pour la scène de la douche). Il s'agit d'une scène de meurtre pour de rire, entre un frère farceur et sa soeur morte de peur, qui présage du massacre à venir. On suivra ensuite la soeurette rejoindre son petit ami et un autre couple pour une virée à la fête forraine.

funhouse222

Hooper va travailler l'ambiance au corps, nous détournant un temps de ce à quoi on peut s'attendre d'un Slasher. C'est là toute la singularité de The Funhouse : nous sommes dans une fête forraine. On suit nos jeunes comme si on se baladait avec eux, découvrant les attractions les unes après les autres.

funhouse_sans_fun

L'ambiance de cette fête forraine est traitée d'une manière assez inattendue, plutôt réaliste, le réalisateur soulignant sans cesse l'aspect sordide des spectacles proposés.

Le stand de Barbapapa côtoie ainsi le musée des horreurs avec son lot de monstruosités fermières et autres abominations (une vache à deux têtes, un foetus dans du formol), des tentes où s'improvisent des strip-teases devant un parterre de rednecks bien pervers, une medium qui s'alcoolise et qui tapine à l'occasion... ou bien, preuve de l'ambivalance d'un tel lieu, un magicien aussi talentueux que Garcimore, apparemment blasé et qui réussit malgré tout son tour de magie. (on verra d'ailleurs plus tard avec l'histoire du petit frère qui fait le mur que les forains sont assez sympas tout compte fait)

Cette mise en place montre surtout des amis qui entravent de plus en plus les interdits avec des défis du genre "t'es pas cap".

Loin d'être simpliste, la mécanique de The Funhouse repose en effet sur une suite d'entraves et d'incidents insignifiants qui mis bout à bout se révèlent désastreux.

funhouse_tobe_hooper_texas_chainsaw_massacre_horro22

Un dernier défi idiot enverra ainsi nos jeunes tout droit vers la mort : celui de passer la nuit dans le train fantôme pour batifoler en toute tranquillité.

Enfermés dans l'attraction, pris au piège, les jeunes vont être ainsi témoin d'une pitoyable scène de passe entre la Cartomancienne et l'ouvreur masqué du train fantôme. Scène de passe qui se transformera insidieusement en scène de meurtre. Ensuite, un des jeunes ne trouvera rien de mieux à faire que de voler la caisse...

funhouse4

En terme de frissons, de meurtres sanglants et de terreur viscérale, la suite est d'une efficacité à toute épreuve : on est dans le train fantôme et on en aura pour son argent !

L'assassin est effectivement monstrueux, un monstre de foire qui, amusante mise en abîme, porte un masque de Frankenstein pour se cacher du regard des autres. La logique imparable des situations qui l'ont amené à tuer lui enlève un peu de sa monstruosité et ses relations avec son paternel sont à la fois pathétiques et touchantes. On en viendrait presque à avoir de la pitié pour lui !! !

Funhouse

Tobe nous a encore jouer un tour avec ce film. The Funhouse est un grand classique du Slasher qui utilise avec merveilles et brio son décor de fête foraine. C'est le film (merci à Leatherface pour me l'avoir fait découvrir avec sa chronique) qui m'a décidé de me plonger dans la filmographie du bonhomme, faisant un lien que je croyais pourtant impossible, entre Massacre à la Tronçonneuse et Poltergeist.