ze LeatherFace Blog

16 octobre 2014

Night Terrors

Tobe Hooper's Night Terrors - 1993

Quand Tobe Hooper met en scène le Marquis de Sade, on n'a qu'une envie, c'est s'aventurer dans des territoires interdits, là où se mèlent la perversion des plus exquises et le plaisir au plus profond de la chair. Mais on le sait, tout ce qui a trait à la torture lubrique peut vite tourner au vinaigre. Car le ridicule, s'il ne tue pas, n'est jamais très loin.

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Night Terrors est l'histoire d'une vengeance se tramant sur deux époques. Nous faisons d'abord connaissance avec le sulfureux Marquis de Sade, joué par un Robert Englund allumé, qui prend visiblement du plaisir à incarner cette figure historique. Retenu prisonnier, l'oeil brûlé par l'acide après une séance de torture, il se fend de monologues haineux contre celle qu'il tient pour responsable de son enfermement : Madame de Beaumont.

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Des siècles plus tard, en Egypte, Genie, une jeune fille délurée rejoint son père archéologue (l'excellent William Finley, malheureusement sous-employé dans le film).

Genie, ressemblant comme deux gouttes d'eau au portrait de Madame de Beaumont, fait ensuite la rencontre de Sabina. Cette dernière va la dévoyer en lui faisant visiter les lieux les plus sordides des bas-fonds d'Alexandrie. Elle va surtout l'offrir en pâture à Mr. Paul Chevalier, toujours joué par Robert Englund, adepte et descendant du célèbre Marquis, bien décidé à venger son ancêtre...

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C'est Robert Englund, l'ami de longue date (avant d'incarner Freddy Kruegger, il avait joué dans le Crocodile de la Mort) qui suggéra le nom de Tobe Hooper au producteur pour sauver ce film au bord du désastre. En effet, le réalisateur prévu s'était désisté quelques semaines avant le début du tournage.

Voulant prouver qu'il n'était pas totalement mort pour la profession, Tobe Hooper accepta la proposition bon gré mal gré. 

On sent d'ailleurs que le réalisateur texan, parachuté, n'est pas du tout à l'aise avec ce projet moribond. Fumeux, le scénario ne tient que sur une succession d'amorces, de scènes disparates avec des liens très ténus entre elles. Point de terreurs et d'horreurs là-dedans, la perversion se limitera à des représentations désuettes ou des symboles lourds de sens comme ces serpents, tentateurs et vénéneux, lesquels sont passablement maltraités par des danseuses orientales. 

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Robert Englund se démène comme un beau diable, surjouant et flirtant parfois avec le ridicule. Tobe Hooper tente de sauver les meubles sur quelques scènes de délire, lorsque Genie est sous l'effet des drogues. L'ambiance arrive dans ces moments-là à être troublante.

Mais trop souvent, l'ennui l'emporte. Les beaux paysages d'Egypte, les citations enfiévrées du Marquis et l'érotisme de pacotille sur fond de synthé, très en vogue dans les années 90, ne peuvent pas tout faire, et en premier lieu masquer l'indigence de l'ensemble. Night Terrors est un ratage, preuve s'il en est de la méforme de Tobe Hooper lors de cette décennie maudite. Pas inintéressant si l'on souhaite sonder chaque centimètre carré d'une filmo barrée, des hauts comme les bas.

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20 mars 2011

Body Bags

Body Bags - 1993

Le grand John Carpenter (The Thing, New York 97 etc...) et Tobe Hooper se sont associés pour co-réaliser Body Bags, un film à sketchs destiné au petit écran.

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Et dans la tradition des Contes de la Crypte ou de Creepshow, on retrouve un conteur présentant chaque sketch qui est incarné ici par le Big John lui-même. Il se balade dans une morgue en mort-vivant rigolard, vantant les morts qui ne sont pas naturelles ou faisant joujou avec des organes.

Dans l'épilogue du film, comme un clin d'oeil, on aperçoit Tobe Hooper en docteur barbu à lunette.

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Les deux premiers segments sont signés Carpenter : The Gas Station, un slasher ponctué par des caméos assez amusantes de Sam Raimi et de Wes Craven, et Hair qui raconte l'invasion délirante d'extra-terrestres capillaires sur la tête de Stacy Keach. Des sketches où John Carpenter s'est visiblement fait plaisir.

On découvre ensuite le troisième et dernier segment, "Eye", réalisé par Tobe Hooper...

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Suite à un accident de voiture, un joueur de base-ball perd son oeil droit. Des docteurs peu regardants lui transplantent alors l'oeil d'un serial killer. Poursuivi par des visions d'horreur, l'homme change peu à peu...

On retrouve là le goût du réalisateur pour les scènes chocs avec un oeil perforé par-ci ou un oeil qu'on transplante par là...

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L'absence totale d'humour dénote un peu avec l'ensemble du film mais la progression psychologique du personnage avec la multiplication des visions est très bien rendue... surtout sur une durée aussi courte : une demi-heure.

L'interprétation de Mark Hamill (Luke Skywalker dans star Wars !) en mari aimant se transformant en tueur psychopate est franchement glaçante. Toute la folie se lit dans son regard vairon et la fin, brutale, marque durablement par son aspect réaliste.

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Dans les années 90, période de vache maigre pour Tobe Hooper, Eye est véritablement une pépite. Jetez-y un oeil, vous ne serez pas déçu.

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19 mars 2011

Les Vampires de Salem

Salem's Lot - 1979

Un écrivain incarné par David Soul (Starsky et Hutch) revient dans la ville de son enfance pour y retrouver une maison maudite. Cette maison est devenue tout récemment la propriété d'un antiquaire venu de la vieille Europe et de son associé, un certain Mr Barlow...

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Pas d'outrance, pas d'excès, cette adaptation d'un roman de Stephen King revisite l'épouvante dans ce qu'elle a de plus classique.

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Et avec une grande maîtrise du récit et une vraie rigueur dans la mise en scène, Tobe Hooper parvient sans mal à captiver tout le long des trois heures de cette télésuite en deux parties. Il joue sur les ellipses et les ruptures avec une utilisation très habile des fondus au noir, faisant de chacune de ses scènes les phrases d'un livre.

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S'il y a des libertés prises avec le roman (des personnages absents), on sent un profond respect du matériel originel. Tout le style littéraire du King transpire dans cette adaptation : le cadre d'une petite ville du Maine, beaucoup de personnages qui s'entrecroisent (avec tous les détails de leurs vies au quotidien) et l'irruption de l'horreur gothique (ici Mr Barlow sous les traits de Nosferatu, sorte de cousin germain à Dracula) dans le monde moderne (la contamination des Vampires fait penser à une maladie qui décimerait une ville...).

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Dépassant le cadre du téléfilm ou du roman, Tobe Hooper parvient à immiscer dans notre esprit des images chocs, dotées d'un pouvoir d'évocation remarquable : un vampire sous les traits d'un enfant qui tape à la fenêtre de son frère, le croquemort au dessus d'un cercueil, les plans sur les animaux vivants ou morts (dobermann, animaux empaillés...) ou bien les différentes apparitions de Mr Barlow rappelant avec la même force le vampire de Murnau...

D'ailleurs l'image subliminale du visage de Mr Barlow lorsqu'il s'attaque à Ned dans la prison est une véritable vision d'horreur ! L'effroi est garanti !


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Celle du docteur empalé sur une collection de cornes de bêtes sur fond rouge rappelle à l'évidence la collection macabre sur le même fond rouge de Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse.

Avec une somme d'images aussi marquantes, Les Vampires de Salem est une des meilleures adaptations télé d'un roman de Stephen King (oubliez celles de Mick Garris) et surtout un des meilleurs films de son réalisateur.

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13 mars 2011

Masters of Horror : les Forces Obscures

The Damned Thing - 2006

Il est usage de dégommer Tobe Hooper, responsable selon les uns du plus mauvais épisode de la première saison des Masters of Horror... Dance of the Dead. Responsable aussi d'un nanar à la Crocodile ou d'un Night Terrors lorgnant vers le Z... Tout plein de gamelles au point qu'on prend même plus la peine de fustiger l'oeuvre mais le bonhomme...

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Et de dégommer ce "mollasson" The Damned Thing, 1er épisode de la saison 2 des Masters of Horror, juste parce que de raison, c'est du Tobe Hooper. On estime dés le départ que ce sera mauvais. Et forcément à se convaincre que tout ça n'a pas beaucoup d'intérêt, ça n'en a pas beaucoup à l'arrivée. On pointera le défaut du plan, la tête de l'acteur qui ne nous revient pas ou encore le scénario qu'on jugera poussif parce de toute façon, il faut vite passer à autre chose.

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Et de départager suivant une ligne de démarcation les tâcherons qui ne méritent finalement peut-être pas les succès qu'ils ont eu ou les bons qui attention, deviendront des tâcherons dés qu'ils lèveront le pied. En gros, en très gros, c'est Stanley Kubrick ou crève...

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Or pour ma part, Tobe Hooper, un peu comme le réalisateur Stuart Gordon que j'adore, est un honnête faiseur, un artisan. C'est un intuitif qui a eu des gros coups de génie, des gros coups de barre et pas mal de bons coups (même dans les années 2000). En quoi cette absence de prétention fait de lui le mauvais qu'on prétend ? The Damned Thing est loin d'être excellent. Sa réalisation manque de peps mais je ne vois pas là la purge sans intérêt que certains critiques du web essayent de me vendre à la sauce "Quel mauvais ce Hooper !".

Après un début coup de poing (déjà, c'est pas mal pour commencer), on suit un flic qui a la hantise de répéter sur sa famille ce que son père a commis 25 ans plus tôt. Ce mal, cette force qui prend possession des gens pour qu'ils s'entretuent est là et inéluctablement se réveillera. L'ambiance rappelle les séries B estampillées Stephen King à la sauce Texane et l'histoire arrive sans peine à distiller un climat de peur et d'opression.

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Le crescendo est efficace avec des scènes où les gens pètent un à un les plombs : le type qui se martelle la tête, la femme du flic qui menace son jeune fils ou encore le prêtre incarné par Ted Raimi (le frérot de Sam !) qui absout le péché à coup de flingue... Et les gens qui s'entretuent à la fin dans un chaos bien orchestré (et tout en suggestion) par Hooper.

Chaos qui se traduit aussi par une ambiguité que je trouve assez bien trouvée, l'ambiguïté entre l'assaillant et celui qui se défend : le flic est-il déjà possédé ou défend-il sa famille ?

Sans forcément crier sur tous les toits que c'est la meilleure chose qu'ait fait Tobe Hooper, Les Forces Obscures est pour ma part un bon épisode de la série, que j'apprécie, réalisé en toute humilité, avec un soin particulier par un artisan du genre. Et vu les contraintes, c'est franchement pas mal : 10 jours de tournage, budget de série télé...

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Masters of Horror : la Danse des Morts

Dance of the Dead - 2005

Dans un monde dévasté par de mystérieuses pluies acides, une jeune serveuse découvre le monde de la nuit et ses horreurs...

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La série des Masters of Horror réunit les plus grands réalisateurs de films d'horreur sur un format d'une heure : John Carpenter, Dario Argento, Joe Dante, John Landis, Don Coscarelli, Stuart Gordon, le détonant Takeshi Miike et biensûr Tobe Hooper... Des réalisateurs, pour les vieux de la vieille (Miike est à part), qui ont aussi un point commun : leurs classiques respectifs ont plus de 10 ans.

C'est l'occasion de montrer à ces petits jeunes qu'ils en ont encore sous la chaussure !

C'est d'ailleurs ce qu'essaye de faire Tobe Hooper avec ce Dance of the Dead inspiré d'une nouvelle de Matheson et scénarisé par le petit fils de l'écrivain. On sent qu'il veut nous prouver quelque chose, retrouver une liberté de ton qui s'était perdue dans des oeuvres de commande. On sent que le vieux singe veut et peut encore nous faire la grimace.

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En résulte un montage clippesque à la MTV, avec beaucoup d'effets tapes-à-l'oeil bien perturbants. La sensation est assez désagréable et suivre le film avec ce parasitage permanent est difficile.

C'est dommage car il y a un réel soin dans le travail de la photographie ou dans la direction d'acteur. L'ambiance post-apocalyptique est particulièrement bien rendue et Robert Englund (le bon copain de Tobe Hooper) dans son rôle de maître de cérémonie de la Doom Room est parfait. En quelques images, la boîte de nuit arrive à être à nos yeux un lieu sulfureux et dangereux.

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Néanmoins, l'histoire plutôt confuse manque d'un vrai point de vue et la fameuse danse de la mort (un zombie qui s'agite sous des chocs électriques), censée être le clou du spectacle, m'a franchement laissé de marbre...

On est très loin des meilleurs épisodes de la série comme la satire politique et Zombiesque de Joe Dante, Vote ou Crève, ou bien la Fin Absolue du Monde qui avec une économie d'effets prouve que John Carpenter sait encore nous faire gamberger...

Dance of the Dead fonctionne par bribes, intrigue fortement mais déçoit en même temps.

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12 mars 2011

Massacres dans le Train Fantôme

The Funhouse - 1981

Des marionettes, des fumées, des rires sardoniques, des automates qui surgissent d'un coin sombre, faisant sursauter au passage une jeune fille. Jeune fille qui aussitôt se rassure dans les bras de son petit copain... Mais cette nuit, ce n'est plus pour rire. Quatre jeunes vont découvrir à leur dépend ce qui se trament dans les coulisses du Train Fantôme...

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Le film débute par une mise en bouche en forme d'hommage à deux références : Halloween de Carpenter (pour la vue subjective du tueur) et Psychose de Hitchcock (pour la scène de la douche). Il s'agit d'une scène de meurtre pour de rire, entre un frère farceur et sa soeur morte de peur, qui présage du massacre à venir. On suivra ensuite la soeurette rejoindre son petit ami et un autre couple pour une virée à la fête forraine.

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Hooper va travailler l'ambiance au corps, nous détournant un temps de ce à quoi on peut s'attendre d'un Slasher. C'est là toute la singularité de The Funhouse : nous sommes dans une fête forraine. On suit nos jeunes comme si on se baladait avec eux, découvrant les attractions les unes après les autres.

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L'ambiance de cette fête forraine est traitée d'une manière assez inattendue, plutôt réaliste, le réalisateur soulignant sans cesse l'aspect sordide des spectacles proposés.

Le stand de Barbapapa côtoie ainsi le musée des horreurs avec son lot de monstruosités fermières et autres abominations (une vache à deux têtes, un foetus dans du formol), des tentes où s'improvisent des strip-teases devant un parterre de rednecks bien pervers, une medium qui s'alcoolise et qui tapine à l'occasion... ou bien, preuve de l'ambivalance d'un tel lieu, un magicien aussi talentueux que Garcimore, apparemment blasé et qui réussit malgré tout son tour de magie. (on verra d'ailleurs plus tard avec l'histoire du petit frère qui fait le mur que les forains sont assez sympas tout compte fait)

Cette mise en place montre surtout des amis qui entravent de plus en plus les interdits avec des défis du genre "t'es pas cap".

Loin d'être simpliste, la mécanique de The Funhouse repose en effet sur une suite d'entraves et d'incidents insignifiants qui mis bout à bout se révèlent désastreux.

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Un dernier défi idiot enverra ainsi nos jeunes tout droit vers la mort : celui de passer la nuit dans le train fantôme pour batifoler en toute tranquillité.

Enfermés dans l'attraction, pris au piège, les jeunes vont être ainsi témoin d'une pitoyable scène de passe entre la Cartomancienne et l'ouvreur masqué du train fantôme. Scène de passe qui se transformera insidieusement en scène de meurtre. Ensuite, un des jeunes ne trouvera rien de mieux à faire que de voler la caisse...

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En terme de frissons, de meurtres sanglants et de terreur viscérale, la suite est d'une efficacité à toute épreuve : on est dans le train fantôme et on en aura pour son argent !

L'assassin est effectivement monstrueux, un monstre de foire qui, amusante mise en abîme, porte un masque de Frankenstein pour se cacher du regard des autres. La logique imparable des situations qui l'ont amené à tuer lui enlève un peu de sa monstruosité et ses relations avec son paternel sont à la fois pathétiques et touchantes. On en viendrait presque à avoir de la pitié pour lui !! !

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Tobe nous a encore jouer un tour avec ce film. The Funhouse est un grand classique du Slasher qui utilise avec merveilles et brio son décor de fête foraine. C'est le film (merci à Leatherface pour me l'avoir fait découvrir avec sa chronique) qui m'a décidé de me plonger dans la filmographie du bonhomme, faisant un lien que je croyais pourtant impossible, entre Massacre à la Tronçonneuse et Poltergeist.

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11 mars 2011

L'invasion vient de Mars

Invaders From Mars - 1986

Une nuit, David Gardner, un jeune garçon voit par sa fenêtre un Ovni attérir derrière une colline. Le lendemain, le père pour rassurer son fils se rend sur les lieux. Il revient changé avec une blessure à la nuque et tente d'attirer David vers cette fameuse colline...

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Avec ce remake d'un vieux classique de la SF paranoïaque des années 50 (les Envahisseurs de la Planète Rouge de William Carol Menzies), Invaders From Mars m'apparaît comme l'oeuvre la plus touchante de son réalisateur.

Sous couvert d'un film de genre, il parle de lui. Il parle de ses propres films avec des clins d'oeil à Lifeforce qui passe à la télé ou de Poltergeist avec un début quasiment identique (la nuit d'orage), comme pour réaffirmer sa paternité sur ce film.

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Il parle de lui et de ses goûts puisque le film original l'a profondément marqué enfant.

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La naïveté avec laquelle il traite son histoire de Martiens est d'ailleurs toute enfantine...

Les Martiens qui se cachent derrière la colline, et que les adultes qualifieraient de grotesques, sont comme on peut se les imaginer à cet âge-là : gros, ronds, dégueux et avec de grandes dents (ils sont d'ailleurs très différents de la version originale). Les militaires sont des gars très courageux et l'infirmière de l'école est très attentionnée. Tobe Hooper venge même des milliers de morveux quand la méchante maîtresse se fait bouffer toute crue par les martiens.

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Alors certes, c'est parfois maladroit. Invaders From Mars n'est pas un film parfait. La première partie, paranoïaque, est très réussie avec le point de vue de David, des parents franchement flippants qui deviennent peu à peu une menace et une méchante maîtresse ralliée à la cause martienne (avant de finir comme on sait). Quand la seconde partie paraît bien moins interessante en perdant de vue David pour se concentrer sur les militaires (comme dans le film original).

Heureusement, il y a le final qui, comme souvent chez Tobe Hooper, est un grand cirque enthousiasmant : les Martiens vraiment hideux font des trous dans le cou et annihilent à coups de rayon laser du militaire.

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Pas parfait donc mais on y retrouve bien tout le charme des séries B d'antan, sans cynisme aucun, avec de la transgression et des gros martiens !

C'est ce que j'apprécie chez Hooper, ces films peuvent être cultissimes, géniaux, sympathiques, moyens ou simplement ratés, ils font preuve d'une sincérité et d'une foi aveugle pour le genre que je trouve absolument désarmante.

Et Invaders from Mars catalyse tout le plaisir que j'ai à regarder ses films.

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10 mars 2011

Crocodile

Crocodile - 2000


Des teenagers débiles de 25 piges se font bouffer par un crocodile en carton ou en très mauvaise image de synthèse...

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Etre fan de Tobe Hooper est un vrai sacerdoce, avec de terribles épreuves et parfois même des humiliations. Acceptons la dureté de la vie, soyons maso et affrontons, les dents serrés, cet infâme, cet ignoble Crocodile.

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Crocodile est une production Nu Image qui fut pendant longtemps LE pourvoyeur de gros nanars du direct-to-video :  Special Force USA, Cyborg Cop ou Shark Attack III.

Et ce Crocodile, signé Tobe Hooper, à ne pas confondre avec l'illustre Crocodile de la Mort de 1976, a toutes les tares de ce genre de production : histoire toute naze, scènes prévisibles à cinquante kilomètres à la ronde, vannes débiles, acteurs de trente-sixième zone et effets spéciaux tout pourris.

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Si on consent à se dire que tout ça n'est pas très sérieux, on peut prendre plaisir à voir le croco bouffer tous ces débiles. Et puis, c'est vrai, le trappeur du bayou a une bonne trogne digne de figurer dans un Texas Chainsaw (le 4 de préférence) et le crocodile se prend même à un moment pour flipper le dauphin, ce qui est toujours très amusant... Le coté nanar est là, comme un petit fumet pas désagréable... Mais que c'est long entre chaque attaque !


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Si par contre, on est de mauvais poil ou d'humeur dépressive, le spectacle offert devient vite une vraie souffrance, un calvaire...

Surtout pour ceux qui ne comprennent pas ce qui pousse Tobe Hooper à tourner parfois n'importe quoi, n'importe comment.

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09 mars 2011

Toolbox Murders

Toolbox Murders - 2004


Un jeune couple s'installe dans un vieil immeuble hanté par un assassin avec des murs pas très épais et des voisins un peu trop bruyants...

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Soyons clair, net et précis : ce remake d'un obscur film de 1978 est le meilleur film de Tobe Hooper depuis Massacre à la Tronçonneuse 2. C'est même un petit précis du Slasher : meurtres toujours surprenants, malins et de plus en plus gores, whodunit amusé avec pléthore de personnages et un immeuble qui réserve quelques surprises.

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Le scénario, généreux, ne sacrifie aucun personnage, là où les autres films embrochent pantins et bimbos sans réfléchir.

Et si effectivement certains sont proches de la caricature comme Ned, chacun vit ici sous nos yeux. La première victime, une jolie blonde, va s'acheter des clopes. Un couple s'engueule. L'ado du coin matte une voisine avec la webcam. La voisine en question fait du jogging avec la nouvelle venue etc...  Des tas de petits détails anodins qui s'intègrent idéalement à l'histoire.

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Comme tout est crédible, habité si j'ose dire, dans cet immeuble, les meurtres qui pourtant jouent la surenchère du fun et du gore le sont tout autant.

Ce jeu entre le sérieux des situations et le coté grotesque des meurtres fait d'ailleurs tout l'intérêt du film. Comme un gros clin d'œil à l'arme improbable de Massacre à la Tronçonneuse, l'assassin se sert ainsi de tous les ustensiles possibles de sa caisse à outil, nous passant en revue tout le catalogue de Bricorama : marteau, perceuse, pistolet à clou, cisaille, scie circulaire...

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Et tradition du slasher oblige, cet assassin masqué a aussi la joyeuse habitude de se cacher là où on ne l'attend jamais.

Tobe se fait vraiment plaisir à ce niveau là, comme un gamin répétant inlassablement la même blague. Et le comble, c'est qu'il réussit à chaque fois à me faire faire des bonds dans mon fauteuil.

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De la crédibilité, du sérieux et du vécu, en face d'un assassin aussi joueur, Angela Bettis (vu dans May) en a à revendre et incarne Nell à merveille : une fille décidée, courageuse, qui raisonne intuitivement et qui découvre peu à peu ce qui se trame dans cet immeuble.

C'est ce personnage qui permet à Toolbox Murders de ne jamais sombrer dans la parodie ou dans la facilité.

Intelligent, distillant son lot de frissons et amusant de bout en bout, le film est une franche réussite et aurait mérité un plus gros budget pour que la mise en scène, ici bien fluide, gagne en ampleur.

Mais le résultat est là : clair, net et précis.

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Lifeforce, l'Etoile du Mal

Lifeforce - 1985

Un équipage d'astronautes découvre niché dans la queue de la comète de Halley un vaisseau spatial extra-terrestre. Visitant l'engin, ils trouvent trois cercueils de verres renfermant deux hommes et une femme profondément endormis. Les astronautes ont la mauvaise idée de les ramener sur terre...

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Mélange improbable de SF, de Vampires et de Zombies, Lifeforce détonne ! C'est le moins que l'on puisse dire...

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D'autant qu'il s'offre les services d'une Vampire venue d'ailleurs au charme plus que troublant. Mathilda May, d'une beauté stellaire, se ballade nue pendant toute la durée du film. Elle suscite un émoi évident chez les personnages qu'elle croise et captive le spectateur (masculin) à chacune de ses apparitions.

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En revanche, la joie est de courte durée, sa dangerosité de veuve noire nous tient vite en respect. Les hommes et les femmes auxquels Mathilda aspire la force vitale par un baisé, se transforment en Zombies desséchés !

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Par le jeu de la contamination, les desséchés peuvent à leur tour aspirer la force vitale en étreignant leurs victimes. Mathilda, qui représente en quelque sorte un virus, s'évade alors du centre de recherche spatiale...

Après cette première partie captivante, deux des héros, un des astronautes survivants de la mission et un agent de la Couronne Britannique se mettent à pourchasser Mathilda réfugiée dans la campagne anglaise, essaimant la mort ou se métamorphosant (en Patrick Stewart !) pour s'échapper.

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Les nombreuses explications scientifiques et autres bavardages nous noient alors dans des informations inutiles et le rythme du film s'en ressent fortement. Bizarrement, avec toutes les idées de fou que le film véhicule, c'est à ce moment là que l'objet filmique distille une ambiance unique, si particulière, si étrange de fin du monde.

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Et devant le grand final apocalyptique d'un Londres en proie aux Zombies, sans oublier cette dernière scène dans la cathédrale, tout simplement hallucinante en terme d'effets spéciaux, on retient franchement son souffle !

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Vu l'étrangeté de l'ensemble, on n'est pas surpris que cette grosse production des studios Canon n'ait pas du tout marché au box office. Reste que Lifeforce est un très bon film de SF, une pierre angulaire dans la filmographie de Tobe Hooper, le monolithe noir du Texan, un objet dont les dissonances font tout l'attrait.

Et je vous conseille pour conclure de regarder le générique de fin, rien que pour rendre hommage au thème puissant et épique de Mancini.

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Spontaneous Combustion

Spontaneous Combustion - 1990

Spontaneous Combustion ouvre les années 90 pour Tobe Hooper, une décennie marquée par le déclin du réalisateur.


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Tobe Hooper doit désormais se résigner à tourner des épisodes de série télé et peine à se retrouver aux commandes de projets ambitieux, faute de producteur derrière.

On sent dans ce film une forme de résignation, une absence. Tobe Hooper ne le signe pas, il le survole.

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Pourtant, tout ça partait d'une excellente idée : dans les années 50, les expérimentations atomiques sur un couple affublent l'enfant né de leur union d'un mal mortel. Adulte, le jeune homme est atteint de combustion spontanée. Il se consume à petit feu, libérant sous le coup de la colère des flammes mortelles pour ceux qui l'entourent.

Avec une histoire à la Cronenberg entre "la Mouche" et "Scanners" pour la dégénérescence du héros, le coté incontrôlable et destructeur du pouvoir et de "Firestarter" pour le coté flammèche, le début augure du meilleur avec un retour dans l'Amérique des fifties et ce couple qui vit avec bonheur le fait d'être des cobayes pour la patrie.

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Mais le film s'embourbe sur un faux rythme de téléfilm, une mise en scène sans idée et une intrigue inutilement tarabiscotée. L'excellent Brad Dourif semble bien le seul à y croire, jouant au mieux des dialogues trop explicatifs ou tout simplement risibles : "Mes parents ne sont pas morts brulés, ils sont morts noyés !"


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Tobe ne se réveille, et nous avec, que sur les scènes de combustion. Elles sont très réussies, ce qui est d'autant plus rageant !...

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08 mars 2011

Le Crocodile de la Mort

Eaten Alive - 1976

Après Massacre à la Tronçonneuse, Tobe Hooper s'attaque à l'histoire vraie d'un tenancier de bar, vétéran de la 1ère guerre mondiale, qui donnait ses victimes en pâture à ses alligators. Avec son confrère Kim Henkel, il transpose l'histoire de nos jours (enfin, dans les années 70) quelque part dans les marécages de la Louisiane...

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Tourné en studio, avec de la brume, quatre planches en bois pourries et des lumières styllisées rappelant le baroque des Giallos, l'hotêl miteux et sa rade sur l'insondable marais devient un lieu de pure folie presque irréel.

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On se demande d'ailleurs comment des gens veuillent bien passer la nuit dans un endroit aussi sordide. Vu la trogne de Judd, le propriétaire, incarné par un Neville Brand transfiguré, il y a en effet de quoi prendre ses deux jambes à son cou et s'enfuir. D'ailleurs, c'est ce qu'essaye de faire sa première victime, une prostituée... Ou plus tard, une innocente petite fille dans une scène de poursuite d'un absurde et d'une hystérie qui font froid dans le dos.

Judd est LE monstre du film !

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Il est d'ailleurs assez amusant de constater que le bonhomme à la grande faux et aux petites lunettes (il les enlève quand il commet un meurtre) soit plus effrayant que le fameux crocodile. Survendu par le titre français ou le visuel des affiches, ce morceau de bois qui flotte n'est pas très mobile et assez peu crédible. Hooper a la très bonne idée d'en faire plutôt une sorte de tapis sous lequel on cacherai la poussière. Ici, les cadavres que jette par dessus la rambarde notre bon vieux Judd disparaissent un à un sous les crocs du croco.

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Trouble, malsain, ce cauchemar est d'une densité remarquable et les approximations de la mise en scène, liées au départ pendant le tournage de Tobe Hooper (qui n'acceptait pas le coté gratuit des scènes de nudité imposées par le producteur), n'enlèvent en rien au caractère suffocant de l'oeuvre.

L'ambiance de bayou bien crade rappelle celle de Massacre à la Tronçonneuse : les personnages, en dehors du psychopate, ont souvent un grain (le père de la gentille famille est complètement siphoné) et les meurtres crapouilleux et sanglants donnent à l'ensemble un coté pervers, extrême, le genre "VHS vendue sous le manteau". Du tout bon, du très bon Hooper !

 

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07 mars 2011

Poltergeist

POLTERGEIST - 1982

A Cuesta Verde, la ville où toutes les maisons se ressemblent, la famille Freeling vit paisiblement jusqu'au jour où des fantômes se manifestent. D'abord en sortant du téléviseur puis en jouant avec les chaises de la cuisine. Parmi les fantômes, se cache un esprit frappeur, un Poltergeist qui une nuit de terreur va kidnapper la petite dernière Carol-Ann pour l'amener dans son monde. Des spécialistes en parapsychologie et une médium viennent alors en aide à la famille en investissant les lieux...


Poltergeist

Pour la petite histoire, Spielberg hésitait entre réaliser ce film de maison hantée ou un certain E.T, deux projets très proches dans leurs thématiques (la famille au cœur de la banlieue pavillonnaire). Etant un grand admirateur de Massacre à la tronçonneuse, il proposa Poltergeist à Hooper pour se consacrer à l'extra-terrestre égaré sur terre.

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Ce fut l'occasion pour Hooper de s'adresser à un public autre que les amateurs de Slashers gores en réalisant un film (presque) tout public. Sans renier pour autant son genre de prédilection, Poltergeist est en effet un film d'horreur pour toute la famille ! Et de s'essayer au passage aussi aux effets speciaux d'ILM, la boîte responsable des fx de Star Wars.

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Souvenir de l'enfance, le revoir aujourd'hui me rappelle l'état de terreur dans lequel il me mettait à l'époque : l'arbre mort, la voix de Caroll-Ann à travers la télévision, le gars qui s'arrache le visage devant le miroir, le faux retour au calme avant la déflagration et la déferlante que je résumerai à deux scènes :  la piscine et celle de la marionnette de clown.

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Le revoir aujourd'hui encore me fait dire que Poltergeist est un sommet dans la carrière de Tobe Hooper. Les effets spéciaux sont saisissants et l'ingéniosité qui les préside est intemporelle. La fluidité de la mise en scène est remarquable et les acteurs, tous parfaits, font aussi beaucoup dans la qualité du spectacle que l'on voit.

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Devant tant de maestria, beaucoup verront uniquement la signature du producteur-scénariste Steven Spielberg, plutôt que celle du Texan fou, trop trublion pour tenir de bout en bout un projet d'une si grande envergure. Cette rumeur lancée à l'époque par un journaliste persiste encore aujourd'hui, même après les nombreux démentis des deux intéressés.

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Pourtant, ce sens du cadre, l'approche des scènes de terreur, le crescendo, l'humour morbide (ou des nombreux clins d'oeils à ses pontes - voire la déco de la chambre du garçon toute à la gloire de Lucas ou de Spielberg), ce coté Train Fantôme, je ne vois là que la marque de fabrique de Tobe Hooper. Son précédent film qui se passe justement dans un train fantôme (The Funhouse) n'est d'ailleurs pas si éloigné que ça de Poltergeist en terme de réalisation.

De toute façon, même si Spielberg a cimenté le projet, la collaboration des deux hommes a permis à ce film de fantômes de devenir un classique instantané du genre.

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Et surtout de saisir d'effroi et d'émerveillement des générations de gamins qui n'avaient pas encore l'âge de regarder un certain Massacre à la Tronçonneuse...

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06 mars 2011

La Presseuse diabolique

The Mangler - 1995

Dans une laverie, une presseuse à linge est possédée par le démon et aplatit tout ce qui passe près d'elle... Alors comment Stephen King, un des plus grands écrivains d'horreur, et le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse, Mister Tobe Hooper ont-ils pu être associés sur un sujet aussi... ridicule ? Comment tenir 1h30 sur une histoire qui tient sur une ligne ?

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L'objet possédé est immobile (oubliez la Plymouth Fury rouge de Christine du même Stephen King) et n'a à priori rien d'effrayant... Cela tient franchement du défi absurde. Et avant même de voir le film, on sait déjà que quelque chose ne va pas aller !

Dans le recueil de Danse Macabre, la nouvelle courte et anecdotique dans ce qu'elle raconte était une sorte de clin d'œil. Le romancier avait en effet officié dans ses jeunes années dans une laverie. Tobe Hooper a choisi de broder sur le sujet. Il convie au passage son copain Robert Englund pour jouer le propriétaire dément de la presseuse et Ted Levine pour le rôle du flic fatigué.

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Le réalisateur, sur une pente descendante à l'image du héros policier, n'a pas eu de coup de génie sur ce film - qui aurait pu en avoir en traitant pareil sujet ? - mais il croit en ce qu'il fait et à un certain savoir faire pour faire de sa presseuse une machine à broyer du corps.

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En terme de réalisation, l'ambiance dans la laverie est travaillée avec soin à coup de jets de fumée et d'humidité poisseuse. Et la machine parvient à s'imposer comme un véritable monstre. Ce qui n'était franchement pas gagné ! The Mangler réussit aussi à se frayer un chemin dans le cradingue avec des scènes particulièrement gores. Il faut effectivement s'imaginer qu'une presseuse ça presse... et ça plie aussi... :)

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Même si tout n'est franchement pas réussi, je trouve dans ce Mangler le coté sale gosse qui me plaît tant chez Hooper.

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Les séquences du frigo possédé et de l'exorcisme sont des notes d'intention. Filmés le plus sérieusement du monde, on y dénote là tout l'humour et le dérisoire du sujet. On est finalement pas très loin de la surenchère drolatique d'un Rubber (le pneu tueur) ou d'un Killer Condom (le préservatif tueur), dans cette tradition du film à objet, improbable, doué d'intentions maléfiques. Certes l'humour est plus distant, entre les lignes mais il est bien là.

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Un pied de nez que cette presseuse à linge tueuse, vous dis-je...

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Massacre à la Tronçonneuse 2

Texas Chainsaw Massacre 2 - 1986

Alors qu'ils passaient en direct sur une radio locale pour insulter l'animatrice, deux jeunes idiots se font tronçonner en voiture par Leatherface. Stretch, l'animatrice de la radio, entend tout et a tout enregistré. Là débute le nouveau massacre...

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Conscient qu'il ne parviendra pas à faire mieux que le premier épisode, Tobe Hooper décide d'en prendre l'absolu contre-pied et se lâche dans les grandes largeurs.

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L'original faisait dans la suggestion et le réalisme documentaire avec une bande-son stridente, anti-mélodique au possible, le deuxième épisode fait dans le gore délirant et décomplexé et l'ambiance irréelle de fête foraine sur fond de Rock'n Roll (les Cramps !).

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En résulte un film déroutant, sorte de vision cartoon à la Tom & Jerry du 1er épisode. Leatherface non seulement cabotine mais tombe amoureux, chose impensable en 1974. Il trouve surtout un adversaire à sa taille dans le Texas Ranger au chapeau de Cow-boy, tout droit sorti d'un Comic Book et interprété par un Dennis Hopper complètement allumé.

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Ils vont se battre dans un duel de tronçonneuses anthologique !

Du coté de la famille des cannibales, elle est au complet avec Chop-top, le frère jumeau de l'auto-stoppeur, revenu du Vietnam avec une plaque de fer à la place du crâne, la figure du paternel qui régente cette petite entreprise familiale et le papy au marteau qui n'a pas pris une seule ride...

Massacre à la Tronçonneuse 2 n'a pas autant d'effusions gores que le Braindead de Peter Jackson. Néanmoins, les effets signés Tom Savini servent à merveille un film qui se nourrit en permanence de son outrance : tête coupée en deux, tronçonneuse dans le derrière, équarrissage d'un type vivant... D'ailleurs, la scène du masque que Leatherface plaque sur le visage de Stretch arrive à égaler par son intensité et sa folie quelques minutes du métrage original...


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Tobe Hooper a réussi son pari : faire différent quitte à tout démolir, sans jamais se prendre au sérieux, en allant tout droit sans réfléchir. Tant mieux car ce Massacre à la Tronçonneuse 2 est totalement jouissif.

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Posté par le barbu à 14:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

Mortuary

Tobe Hooper's Mortuary - 2005

Penchons-nous sur le cas épineux de Mortuary... Encensé par la critique spécialisée (au hasard Mad Movies) comme le retour en grâce du Texan fou et descendu en flèche par la majorité des spectateurs qui ont vu là un film raté, la preuve filmée que Tobe Hooper ferait mieux aujourd'hui de s'arrêter de tourner.

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Et il y a les autres, comme moi, qui considèrent Mortuary non pas comme un chef-d'œuvre ou bien un infâme navet mais plutôt comme une bonne petite série B à l'ambiance poisseuse.

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Ce qui a déçu, je pense, c'est cette (très) longue mise en place de l'histoire avec cette famille qui n'en finit pas de s'installer.

Pendant que la mère s'occupe, en bon croque-mort, à recoudre des cadavres, le fils ainé se fait de nouveaux amis comme dans un banal épisode de série pour ados. Tobe Hooper continue là pourtant, comme dans ses autres films, à nous parler de la famille. Ici, il évoque en filigrane l'absence du père.

On le devine rapidement, dès que le film voudra bien s'emballer, notre jeune héros remplacera la figure paternelle pour protéger coûte que coûte sa famille.


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Ronronnant comme un moteur diesel, Mortuary distille pour susciter un peu d'angoisse quelques moisissures fouisseuses et envahissantes, des ombres fugaces la nuit ou une vieille histoire de sérial killer.

L'ambiance horrifique se maintiendra surtout grâce au lieu qui réunit 3 décors en un : une baraque lugubre, une morgue crasseuse et un cimetière vieillot juste à coté.


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Pour voir le métrage vraiment s'emballer et verser dans l'obscurité, il faudra attendre la dernière demi-heure et le point culminant du film, comme un clin d'œil de la part de Hooper à ses fans, le repas en famille. Commence alors un final horrifique tout à la fois réussi et chaotique (les détracteurs y verront du grain à moudre) avec une louche de grand guignol que l'on retrouve spécifiquement dans les films de Hooper.


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Un joyeux cirque qui nous montre pas mal de numéros. Pêle-mêle : un Boogeyman, des contaminations, des viscosités, des morts-vivants et un monstre à la Cthulu !

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L'accroche de l'affiche associant plusieurs titres de classiques de l'horreur pour ne faire qu'une phrase : "Massacre/l'été dernier/au sous-sol/dans la dernière maison...", et qui parait assez à coté de la plaque, n'est finalement pas si mensongère que ça. L'accumulation des décors et des monstres fait de Mortuary un petit condensé de tout ce qui peut se faire dans un film d'horreur. En ça, le film est étonnamment sympathique et mérite mieux que la réputation qu'il traîne...

Posté par le barbu à 11:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

04 mars 2011

Massacre à la Tronçonneuse

Texas Chain Saw Massacre - 1974

Pour l'histoire, des hippies Flower Power se font massacrer par une famille de dégénérés (et cannibales). En termes cathartiques, ce sont les années 60 insouciantes et pleines d'utopies qui se font massacrer par les années 70, LA décennie des désillusions aux U.S.A : Guerre du Vietnam, Nixon, le Watergate, crise pétrolière, chômage...

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Tobe Hooper veut réveiller les gens passablement endormis avec un film choc. Il y arrivera. Peut-être même au-delà de ses espérances. Le titre, déjà, résonne comme quelque chose d'incongru et donne au film une aura sulfureuse de film interdit, le genre à réserver aux amateurs de Snuff Movies. Aura renforcée par les anecdotes d'un tournage épouvantable et par la censure qui sévit en France et en Angleterre (interdiction de territoire jusqu'en 1999 !). Le film est interdit en France pendant plus de 5 ans malgré une projection à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 1976.

"Plus qu'une incitation à la violence, ce film est, à la vérité, une introduction à la folie." avait conclu la commission de censure.

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"Plus qu'une incitation à la violence, ce film est, à la vérité, une introduction à la folie." Voilà une accroche qui me plaît car c'est bien de cela qu'il s'agit.

Massacre à la Tronçonneuse n'a rien d'un film gore, ce n'est pas un film pour ado en manque (qui la plupart du temps sera déçu), c'est un film qui joue avec les nerfs et les sens et provoque, pour peu qu'on se laisse prendre, un profond malaise. Un film hard tout en suggestions en somme !

Car avant d'être le film matriciel du Slasher (et ce bien avant l'Halloween de Carpenter), on a bien affaire à un chef d'œuvre du cinéma, qui suscite plus qu'aucun autre film un sentiment d'horreur absolu.

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La lenteur de l'exposition avec l'autostoppeur et la visite de la maison des grands-parents de Sally est faussement bienveillante. Le spectateur est littéralement écrasé par la chaleur moite du Texas.
A mi-parcours, on est happé par des images macabres que l'aspect documentaire (le grain de l'image et le cadre) rende réalistes. Images qui se combinent à la bande son du film constituée uniquement de bruits métalliques et de bruits de moteurs.

Pas de tripaille, quasiment pas une goutte de sang ne sera versée pendant tout le film. Tobe Hooper laisse au spectateur le soin d'imaginer et sincèrement, on a aucun mal à s'imaginer.

Brutaux, rapides et filmés froidement, chaque meurtre a un effet traumatisant...

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Chacune des apparitions surprises de Leatherface -le "monstre" du film- par son apparence, son attitude et ses gestes brûlent la pellicule d'une horreur instantanée.

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A la fin, ce sont les hurlements de Marilyn Burns et le son strident de la Tronçonneuse qui s'associent aux images hallucinantes dans un huit-clos étouffant, une torture pour la victime et le spectateur. Lors du repas, scène culte de folie furieuse, on a même qu'une envie, c'est que le cauchemar s'arrête.

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Tobe Hooper n'oublie pas de jouer d'humour avec le fameux "Qu'as-tu donc fait à la porte ?" du père à son Leatherface de fils ou avec le pépé vicelard et sénile. Mais Hooper ne désamorce pas l'horreur, bien au contraire, d'une certaine manière il l'amplifie en générant un sentiment malsain chez le spectateur d'absurde et de grotesque déplacé, hors de propos... Le comble de l'horreur !

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Avec cet humour à la Tronçonneuse, Tobe Hooper le dit lui-même en parlant de l'échec de son premier film, l'expérimental Eggshell. Avec son second film, Massacre à la Tronçonneuse, le naïf est devenu cynique.

Posté par le barbu à 23:30 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

Tobe Mon Ami !

Déjà pour ce premier Post, le lien d'une excellente interview de Tobe Hooper ici

http://www.vice.com/fr/read/tobe-hooper-665-v5n2

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Je posterai à l'envie des infos concernant le réalisateur Texan et aussi des chroniques de ces films, à commencer par le mythique Massacre à la Tronçonneuse...

Posté par le barbu à 17:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]